L’appétit vient-il en mangeant ?


Pour mieux comprendre / dimanche, mai 5th, 2019

« C’est toujours par la faim que commence un bon repas. »

Louis Auguste Commerson (1803-1879), écrivain, journaliste et dramaturge français.

L’appétit vient-il en mangeant ?

Vous êtes invités chez des amis et passez une excellente soirée. En rentrant chez vous, vous ouvrez machinalement le frigo en y passant devant et reluquez le morceau de fromage ou la crème dessert de ce midi. Malgré le copieux dîner, vous pensez avoir encore une petite faim.

Cette histoire aurait très bien pu être la mienne. Je me dirais tout de même qu’après ce bon repas et l’élastique distendu de ma jupe autour de la taille, j’ai bien assez mangé. Malgré cela, comme un automatisme, je me dirige vers le réfrigérateur ou le placard des merveilles. Il n’est pas question de faim dans ce cas, mais plus d’une habitude, d’une réponse à un stress ou un besoin de récompense.

L'appétit vient-il en mangeant ?

Quel est le mécanisme de l’appétit ?

Nos hormones sont en charge de ce processus. Elles déclenchent le mécanisme de la faim, auquel nous répondons en mangeant, et celui de la satiété, qui nous indique que nous avons suffisamment mangé.

La faim

Elle n’est pas contrôlable ou maîtrisable : on a faim ou on n’a pas faim mais nous ne pouvons pas décider de ne pas avoir faim.

Nous avons dans notre estomac une hormone répondant au doux nom de ghréline. Lorsque l’estomac est vide, la production de cette hormone augmente et signale au cerveau que l’on a faim. Nous mangeons et celle-ci diminue. La réduction de la ghréline diminue la faim.

Faire de petites collations, grignoter par ci par là,  ne permet pas l’activation du signal hormonal. La faim reste constante tout au long de la journée.

La satiété

Elle se joue un peu plus tardivement dans le processus de digestion. En effet, la nourriture doit progresser dans quelques 6,5 mètres d’intestin avant de rencontrer des cellules spécifiques qui stimulent d’autres hormones : la Peptide YY et la cholécystokinine (c’est quoi ces noms !!) qui circulent jusqu’à l’hypothalamus, situé dans le cerveau, pour donner le message de satiété.

Ces hormones répondent avant tout à une consommation de protéines et de matières grasses. Ce que nous mangeons a donc une importance quant à notre sensation de satiété.

L’exemple le plus parlant est celui du petit déjeuner. Si celui-ci se compose de protéines et de matières grasses les hormones pourront activer les signaux de satiété.

A l’inverse, si ce repas est riche en glucides et aliments transformés, cela induira une réponse insulinique. Le rôle de l’insuline est de signaler à notre organisme de stocker l’énergie produite par les glucides.

A la suite de ce repas, une grande partie de l’apport énergétique ingéré sera stocké. Privant en grande partie l’énergie pour le métabolisme. Il n’y aura que peu de profit pour les organes qui réclament de l’énergie. La faim est présente alors que le repas se termine à peine.

En nous nourrissant avec des aliments peu nutritifs et insatiables, la résultante normale en sera de manger davantage et de manière plus rapprochée.

 

 Que puis-je faire en pratique ?
  • Manger à table ;

 

  • Faire de vrais repas (exit le grignotage !) ;

 

  • Prendre le temps de manger, savourer ;

 

  • Choisir des aliments nutritifs accompagnés de matières grasses et protéines ;

 

  • Attendre avant de se servir une seconde fois : Il ne nous faut pas moins de 20 minutes avant de ressentir ce sentiment de satiété ;

 

  • Manger des fibres à chaque repas. Elles permettent d’accélérer le bol alimentaire vers l’intestin et de ressentir plus rapidement la satiété.

Est ce que l’appétit vient en mangeant ? Question d’hormones…

Le système hormonal joue un rôle prépondérant dans le mécanisme de la faim et de la satiété.  En restant à l’écoute de soi, en répondant à nos besoins, cela permet de respecter l’équilibre général et particulièrement hormonal.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.